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Extraits de l’allocution de l’Ambassadeur des États-Unis d’Amérique David Jacobson The Economic Club of Canada

29 octobre 2009

Je voulais venir ici vous adresser la parole parce que le Canada et les États-Unis partagent la relation la plus riche, la plus importante et la plus profonde qui existe entre deux pays sur la terre. Ce qui apparaîtrait extraordinaire dans d’autres pays semble ordinaire pour nous. Au fil des nombreuses années de partenariat et d’efforts, les États Unis et le Canada ont créé la relation la plus étroite de l’histoire entre deux nations souveraines.

Mais nous sommes plus que seulement deux voisins exceptionnels. Plus que juste des alliés inébranlables. Plus que seulement de bons amis et partenaires commerciaux. Nous constituons une famille : une famille ayant de profonds liens à travers le continent qui se sont développés et épanouis au fil des générations. Approximativement trois (3) millions de personnes aux États-Unis retracent au moins une partie de leurs racines au Canada. Et le Canada est le pays où plus d’un million d’Américains habitent. Plusieurs familles enjambent notre frontière commune, y compris le président Obama, dont la soeur est mariée à un homme originaire de Burlington, en Ontario.

Parce que nous formons une famille, nous avons toujours été là l’un pour l’autre. À partir de Halifax en 1927 à la Nouvelle-Orléans en 2005, les Américains et les Canadiens se sont toujours portés à l’aide de l’un et de l’autre. Nous nous sommes tenus coude à coude sur les champs de bataille en Europe et comme partenaires pour la défense de l’Amérique du Nord. Aujourd’hui, les soldats américains et canadiens défendent ensemble la liberté dans le sud de l’Afghanistan. Et, ensemble, nous avons bâti la prospérité de notre continent.

Prospérité nord-américaine

Le commerce entre les États-Unis et le Canada est une partie cruciale de notre prospérité. Des millions d’emplois aux États-Unis et au Canada sont liés à nos relations commerciales. Ce commerce et plusieurs de ces emplois ont été rendus possibles grâce à l’ALÉNA qui a si bien servi le Canada, le Mexique et les États-Unis.

Cette année, les échanges commerciaux sont à la baisse et nos deux économies en souffrent. Rebâtir et rendre durable la prospérité des États-Unis était évidemment le plus grand défi à relever pour le président Obama et son administration lorsqu’il est entré en fonction. L’économie du Canada était en meilleure posture lorsque la crise actuelle est survenue, mais le Canada aussi a souffert des pertes d’emplois et des fermetures d’entreprises aux côtés de l’économie américaine. Nos deux gouvernements travaillent en très étroite collaboration et unissent leurs efforts pour éviter une catastrophe et pour restaurer la santé de nos économies.

Je comprends aussi que le parcours a été parsemé d’embûches. Et aucun enjeu n’a reçu plus d’attention que les dispositions de notre loi Buy America dans notre ensemble de mesures de stimulation. Dans pratiquement toutes les conversations que j’ai eues avec des représentants du Canada ou les médias du Canada, la première chose que l’on me demande porte sur la loi Buy America. Le président comprend et je comprends aussi l’inquiétude qui découle de ceci dans votre pays. Le président croit fermement au libre échange. Il croit aussi beaucoup au fait que le libre-échange est l’outil pour sortir de la difficile crise économique que nous traversons ensemble.

Mais comme l’a affirmé le président, il est aussi important de placer la campagne Buy America dans son bon contexte. Buy America s’applique seulement à une petite partie des transactions commerciales entre les États-Unis et le Canada : l’approvisionnement par les gouvernements locaux et étatiques qui est payé par l’argent du programme de stimulation. Buy America n’a aucun impact sur les approvisionnements par notre gouvernement fédéral. Il n’a aucun impact réglementaire sur la grande majorité des activités d’approvisionnement locales ou étatiques qui ne sont pas payées par les fonds du programme de stimulation. Et il ne devrait pas non plus avoir d’incidence sur les ententes privées.

Des négociations de niveau élevé se poursuivent pour mettre le problème de la loi Buy America derrière nous. Et bien qu’il n’y ait pas encore eu d’entente, les deux parties ont souligné que les discussions étaient constructives. Maintenant que j’occupe ici le poste d’ambassadeur des États-Unis, j’espère être capable de faciliter ces discussions de façon positive. Le Canada est le partenaire commercial le plus important des États-Unis.

Partenaires de partout au monde

Les États-Unis et le Canada partagent les mêmes buts à travers le monde. Ensemble, nous combattons le terrorisme et l’idéologie de haine qui le soutient. Ensemble, nous cherchons à empêcher la prolifération d’armes de destruction massive. Ensemble, nous favorisons la croissance économique et le développement à grande échelle en encourageant les marchés ouverts. Ensemble, nous tentons de faire avancer les droits de la personne, la démocratie et la bonne gouvernance. Par-dessus tout, ensemble, nous voulons bâtir un monde meilleur, plus sécuritaire et plus prospère. Le président Obama nous a demandé de sortir des sentiers battus. Il nous a demandé de trouver des solutions créatrices pour régler nos problèmes communs. Son message d’espoir m’a inspiré lorsque je l’ai rencontré à Chicago il y a plusieurs années. Maintenant, le message du président Obama inspire le monde entier.

Il a lancé une nouvelle ère d’engagement basée sur les intérêts communs, les valeurs partagées et le respect mutuel. Aucun autre pays que le Canada ne se situe plus près des États-Unis dans cette vision partagée du monde. Aujourd’hui, nous devons surmonter des défis de proportions épiques. Plutôt que de se dérober devant ces problèmes, les États Unis et le Canada travaillent ensemble pour bâtir le monde meilleur que nous recherchons. Nous sommes partenaires en Afghanistan, en jumelant nos efforts en vue de faire valoir la paix dans ce pays troublé. Je tiens à exprimer ma profonde gratitude pour l’effort incroyable déployé par les Forces canadiennes en Afghanistan. Leurs services et leurs sacrifices sont respectés et reconnus par le président, par le peuple américain et par moi-même.

Je veux aussi souligner les efforts de l’Agence canadienne de développement international et ses programmes d’aide pour les agriculteurs afghans. L’année dernière, l’ACDI a aidé six mille agriculteurs à convertir leurs plantes de pavot produisant de l’opium en des champs de blé. Le résultat a été que ces fermiers ont produit 350 tonnes de blé qu’ils ont pu utiliser pour nourrir leurs familles et vendre dans les marchés locaux. Ces programmes ont été si réussis qu’il semble que l’ACDI a l’intention d’étendre ses efforts pour aider presque onze mille agriculteurs l’année prochaine. Voilà le genre de projets novateurs qui ramèneront la stabilité en Afghanistan. Et c’est ce genre de pensée créatrice qui fait ressurgir l’espoir dans les endroits où l’espoir est très mince.

Nous sommes partenaires au Moyen-Orient. La semaine prochaine, la secrétaire d’État Clinton sera au Maroc pour assister au 6e « Forum pour l’avenir. » Je suis très heureux que le ministre Cannon participe à ces discussions pendant que le Canada assume le leadership du G-8. Le Forum pour l’avenir et le Programme Moyen-Orient/Afrique du Nord élaborent un plan directeur sur la façon dont le G-8 et les pays du Moyen-Orient peuvent travailler ensemble pour soutenir une réforme populaire visant le développement social, politique et économique.

Ici, en Amérique, les États-Unis et le Canada ont travaillé ensemble pour ramener l’espoir chez le peuple de Haïti. Nos gouvernements étudient des façons de travailler ensemble pour redresser le secteur de l’électricité en Haïti. Au Honduras, le ministre d’État aux Affaires extérieures, Peter Kent, joue un rôle clé de concert avec les États Unis, le Mexique et le Costa Rica afin de rétablir l’ordre constitutionnel par l’entremise de négociations.

L’Iran pose un défi très réel et très critique à la communauté internationale, un défi auquel les États-Unis et le Canada font face ensemble. Le président Obama a fait du désarmement nucléaire un élément clé de la politique étrangère de son administration. Et il a expliqué très clairement que toutes les nations doivent embarquer dans l’avenir non nucléaire ensemble. Le Canada est un partenaire dans cet effort. Je veux ajouter que nous nous souviendrons toujours du soutien courageux offert par le Canada aux Américains à Téhéran au cours de l’une de nos heures les plus sombres.

L’énergie et l’environnement

Je crois qu’il est important d’aborder notre avenir énergétique et environnemental partagé. Le Canada est le pilier de la sécurité énergétique des États-Unis. Vous ne serez pas surpris d’entendre dire que le Canada est le fournisseur le plus important de toutes les formes d’énergie aux États-Unis et que le Canada est aussi notre source d’énergie mondiale la plus sécuritaire et la plus fiable.

Les sables bitumineux de l’Alberta, que j’ai eu le plaisir de visiter récemment, sont les deuxièmes réserves de pétrole les plus importantes qui ont fait leur preuve dans le monde, se situant juste après l’Arabie Saoudite. Les sables bitumineux joueront sans aucun doute, un rôle dans le cadre de notre sécurité énergétique. Mais nous ne pouvons absolument pas oublier que notre partenariat étroit en matière d’énergie exige un partenariat tout aussi étroit en matière d’environnement. Ensemble, nous faisons face à des défis environnementaux et devons faire des choix difficiles en tentant de développer des technologies propres pour réduire les émissions de carbone.

Nos deux pays doivent partager les résultats de nos recherches, développements et innovations afin de protéger notre environnement et de répondre à nos besoins énergétiques. Voilà la définition exacte du dialogue amorcé en février dernier sur l’énergie propre par le président Obama et le premier ministre Harper. Et c’est par des occasions comme Copenhagen que les nations peuvent se rassembler pour aborder ce que chacun d’entre nous peut faire pour assurer notre avenir commun. Nous sommes les intendants de ressources partagées. Nous respirons le même air. Nous consommons la même eau. Nous ne pouvons pas nous attaquer à ces enjeux de façon isolée.

Protéger l’Amérique du Nord et nos publics

Le président Obama a expliqué clairement que la protection de la population des États Unis est sa priorité numéro un. De même, vos dirigeants comprennent l’importance de protéger la population du Canada. Nous travaillons ensemble pour lutter contre les menaces contre nos deux pays. Ceci n’est pas nouveau. Depuis la Déclaration d’Ogdensburg, signée le 18 août 1940 par le président Roosevelt et le premier ministre King, les États-Unis et le Canada reconnaissent que la défense de l’Amérique du Nord est une responsabilité partagée inséparable.

Notre partenariat militaire dans l’OTAN qui vient de célébrer son 60e anniversaire et dans NORAD qui a célébré son 50e anniversaire l’année dernière est sans précédent. Aucun autre ensemble de forces militaires n’est plus intégré et compatible que les nôtres. Comme le premier ministre Harper l’a dit au cours de sa conférence de presse avec le président Obama plus tôt cette année : « Le point de vue de ce gouvernement est sans équivoque : les menaces contre les États-Unis sont des menaces pour le Canada. » Et le contraire est aussi vrai. Une menace contre le Canada est une menace pour les États-Unis.

Notre coopération et notre défense partagée nous servent bien depuis plusieurs générations. Nous travaillons maintenant ensemble pour assurer que notre défense commune est adéquate pour nous protéger contre les menaces du 21e siècle. Une partie des nouvelles menaces du 21e siècle rend nécessaire d’imposer de nouvelles exigences à la frontière. Les programmes comme l’Initiative relative aux voyages dans l’hémisphère occidental visent à faciliter les déplacements des voyageurs légitimes.

Je crois que la sécurité, tant pour la population américaine que pour la population canadienne, ainsi que l’efficacité à la frontière ne sont pas des jeux inutiles. Il ne nous est pas nécessaire de choisir entre la sécurité ou le commerce. Si nous abordons la situation de façon intelligente, nous pouvons avoir les deux. Un des problèmes à la frontière est la désuétude d’une grande partie de nos infrastructures. Une partie des infrastructures de la frontière provient d’avant la Seconde Guerre mondiale. Nous devons les améliorer et mieux utiliser les nouvelles technologies. Heureusement, le programme de stimulation des États Unis contient des sommes considérables d’argent pour l’infrastructure frontalière. Le Canada a aussi consenti des ressources pour s’attaquer à ce problème.

Un mot sur la perspective

L’intimité de notre relation, tout comme dans plusieurs familles, produit de merveilleuses structures de soutien. Mais de temps à autre, elle produit aussi un peu de poussière. J’ai parlé de certains de ces dossiers aujourd’hui. Lorsque des amas de poussière traînent, ils aveuglent les personnes qui aiment spéculer sur la lumière du jour entre les États-Unis et le Canada. Mais il est important de garder ces dossiers en perspective.

Je crois que la mesure d’une relation n’est pas à savoir s’il y a des problèmes de temps à autre, mais plutôt à savoir si les deux pays font preuve de résolution pour régler ces problèmes de façon constructive et d’aller de l’avant et de s’occuper de ce que mon nouveau collègue canadien à Washington, Gary Doer, qualifie de « nos meilleurs intérêts mutuels. » Et selon cette norme, la relation entre les États-Unis et le Canada est aussi robuste qu’elle l’a toujours été.

Comme l’explique si sagement mon président lorsque nous avons des discordes : « Il est important de déployer un effort soutenu pour s’écouter l’un et l’autre; pour apprendre l’un de l’autre; pour se respecter l’un et l’autre et pour trouver un terrain d’entente commun. » Je vous donne ma parole : je ferai tout en mon possible pour respecter la norme établie pour moi par mon président.

Nous partageons tant de choses. Comme l’a dit un autre de mes héros, le président Kennedy, en utilisant des paroles qui sont littéralement sculptées dans les murs de granite de mon ambassade à Ottawa : « La géographie a fait de nous des voisins. L’histoire a fait de nous des amis. L’économie a fait de nous des partenaires. Et la nécessité a fait de nous des alliés. » Aujourd’hui, nous devons réaffirmer notre relation de voisins, d’amis, de partenaires et d’alliés.

Je vous remercie beaucoup.

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